De nouvelles voies en politique européenne

Europa-Fahne

par Cécile Cassini

« Encerclés par des amis », nous évitons depuis des années une politique européenne réaliste. Plus le temps avance, moins nous pouvons faire confiance à l’UE tout en étant pourtant totalement dépendants. Peut-être est-il temps de commencer à penser autrement.

Un gag circule ainsi dans notre région bâloise : trois enfants se rencontrent, l’un vient d’Allemagne, le deuxième de France et le troisième de Suisse. Ils se demandent d’où viennent les enfants. Pour l’enfant Allemand il est clair que la cigogne apporte les enfants alors que l’enfant Français prétend qu’il faut une maman et un papa, et l’amour. L’enfant Suisse affirme qu’il ne sait pas vraiment d’où viennent les enfants en Suisse, mais  certainement, cela doit être différent d’un canton à l’autre. Si, du point de vue biologique, tout semble être pareil, la culture démontre une diversité innombrable. Et nous redoutons la perte d’une richesse culturelle lorsque la culture ne s’oriente qu’en direction de l’économie et de l’efficacité, bien que notre collaboration à la construction de l’Europe apporte de véritables avantages.

Une conférence sur la démocratie s’est tenue à Dornach du 26 au 28 septembre 2014. Gandalf Lipinski, de la Société de convergence (Konvergenzgesellschaft) et d’autres membres de Holon Allemagne voulaient apprendre de la Suisse de quelle manière la visibilité et la participation en petits collectifs, cantons forts et communes financièrement autonomes, fonctionnent mieux. Avec leur « Charte pour une Europe des régions », ils veulent promouvoir des éléments de la démocratie directe et l’autonomie. « Neustart Schweiz » soutient également des contributions dans ce sens (voir http://neustartschweiz.ch/de/blogs/pm).

Gandalf Lipinski a une fois de plus énoncé la Vision de la Charte des régions visibles qui inclut une réelle subsidiarité, c’est-à-dire le déplacement du pouvoir d’organisation politique vers le bas. Des responsables y superviseraient les réalités régionales, où des cercles de femmes et d’hommes discuteraient les thèmes et voteraient lors de rencontres trimestrielles saisonnières de plusieurs jours et où un consensus serait recherché pour les résultats divergents. Ce qui m’a impressionné, c’est qu’aussi bien les animaux que les plantes seraient également intégrés plus concrètement grâce à des méthodes de drama-therapy. L’écologie profonde, selon Joanna Macy, joue un rôle tout aussi important dans le groupe de Gandalf que chez Neustart Schweiz et ouvre des voies passionnantes incitant à prendre plus au sérieux l’intériorité, justement dans l’environnement. Pour Gandalf Lipinski, il est important d’avoir une vision claire vers quoi on veut aller pour s’engager ensuite en réal-politique, sinon on endosse le pôle radicalement opposé ou bien on accepte trop de compromis.  Le parti des Violetten en Allemagne a intégré la charte dans son programme. La vision part du point de vue d’une grande autonomie.

Autant cette vision me plaît, autant il me manque la considération et la prise en compte du mem moderne (spirale des dynamiques). Quelle bonne chose, que le livre de Peter Jósika «Ein Europa der Regionen – Was die Schweiz kann, kann auch Europa» (« Une Europe des régions – Ce que peut la Suisse, l’Europe aussi le peut ») est sorti en librairie il y a trois semaines. C’est ainsi que l’auteur et chercheur politique présenta lui-même son œuvre lors de la conférence sur la démocratie à Dornach. Il a observé des régions dans toute l’Europe, dans une zone géographiquement gérable, capables d’engendrer une dynamique de prospérité grâce à une autonomie et de larges compétences politiques. Il est d’avis que les appareils étatiques surdimensionnés et les systèmes sociaux centraux inefficaces coûtent des milliards aux contribuables, et que les impôts élevés qui s’ensuivent mènent à la délocalisation du capital et de la production. Il y déplore tout autant le manque de structures pour une base démocratique. Les limitations de l’autonomie régionale financière et fiscale empêchent une politique économique flexible, appropriée à la région. Il assure qu’une certaine situation de concurrence entre communes d’une part et régions d’autre part, ne mènerait pas seulement à plus d’innovation et à une politique économique plus flexible et plus adaptée aux besoins, mais qu’elle fortifierait également la participation démocratique et donnerait une bien plus grande marge de manœuvre pour la transformation progressive de la politique sociale et économique. Les langues perdues et menacées de disparition et la diversité culturelle le préoccupent beaucoup, d’autant plus, explique-il, que les gens arrivés ces dernières décennies en tant que travailleurs étrangers, immigrés ou réfugiés dans une Europe aux identités régionales pourraient être bien mieux intégrés que dans un nationalisme exacerbé dominant, et que nous en avons urgemment besoin au vu du développement démographique (voir aussi www.europaderregionen.org).

Le thème des régions autonomes est devenu plus actuel avec la votation en Ecosse, le conflit en Ukraine et le développement en Catalogne et me touche de plus en plus. C’est pourquoi une phrase m’a frappé lors d’une visite guidée dans la grotte Emma Kunz à Würenlos il y a trois semaines,où il était dit que l’artiste, chercheuse et naturopathe Emma Kunz aurait déjà déclaré il y a plus de 70 ans : « La Suisse deviendra un canton important dans une Europe confédérée » et Nicolas de Flüh (Bruder Klaus) ferait en sorte que cela se passerait au bon moment. Par contre, il ne pourrait pas nous épargner le développement pour y arriver, aurait-elle ajouté.

Un commentaire à propos de “De nouvelles voies en politique européenne

  1. Neue Wege In der Europapolitik
    Die Botschaft von Emma Kunz hat mich sehr berührt. Das könnte unser Weg sein.