Plus de conscience

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par Monique Centeno

Les terribles attentats de Paris nous ont mis K.O. Un acte aussi extrême, aussi injuste, aussi définitif, ça secoue nos valeurs au plus profond, mais encore plus nos croyances au sujet de l’humanité d’aujourd’hui. Nous sommes tombés sur le cul. Nous avons cessé pendant un moment de respirer.

Et puis… il y a les répliques du séisme. Déclarations de guerre, ripostes, insultes, actes de haine. On mélange hislamistes et musulmans, on craint que notre société ne soit un jour soumise aux lois des islamistes, les musulmans craignent pour leur sécurité parmi nous, ils réalisent l’incroyable : eux qui scroyaient faire partie de nous, découvrent avec effroi qu’on les suspecte du pire. De tous côtés, on a peur de quelque chose d’obscur et d’informulable.

Dans ce mélange, le danger est grand que nous oubliions ce qui s’est vraiment passé : des terroristes qui se sont malhonnêtement approprié Mahomed ont brutalement tué des personnes innocentes. Ils ont attaqué à travers elles le symbole de la liberté d’expression chère à nos démocraties. Par leur acte, ils ont fait des dégâts gigantesques, dont nous ne pouvons pas encore évaluer la portée. Ils ont trahi tous les musulmans. Ils ont trahi nos démocraties et nos aspirations à la paix. Ils ont trahi ce qui est bon en l’humain, ce qui nous lie. Ils ont opposé durablement les populations en plusieurs camps avec le risque que des conflits les séparent pour longtemps.

Que pouvons-nous faire ? Que devons-nous faire ? D’abord, ne pas tout mélanger. Faire un effort pour ne pas prendre pour argent comptant tout ce qui se dit et réfléchir par soi-même.

 

  • Ne pas se laisser emporter par les émotions que certains savent réveiller par de fausses comparaisons ou allégations.
  • Garder le calme en regardant en face la situation, telle qu’elle est, sans lui donner plus d’importance que justifié.
  •  Eviter d’utiliser des mots inappropriés tels que guerre, ennemi, invasion, etc.
  •  Se rappeler nos valeurs les plus chères : le droit à tout être humain d’être considéré et de vivre parmi les autres en tant qu’égal.
  •  Se rappeler que la différence est une richesse, non un danger.
  •  Se rappeler que nous avons déjà osé dépasser un certain nombre de croyances en apprenant à vivre parmi des gens du monde entier.
  •  Etc.

En d’autres mots, être conscients. Être au service de tous, et non suivre aveuglément des idées ou des impulsions personnelles. Dépasser nos réflexions purement intellectuelles et nous permettre de prendre de la hauteur pour mieux percevoir ce qui se passe réellement. Cela signifie que nous sommes d’accord de revoir nos premières impressions et de ne pas nous enfermer dans des idées fixes.

PI participe à un magnifique projet : la création d’un Office fédéral pour la paix. Celui-ci aurait pour tâche, entre autres, de favoriser la paix en commençant par offrir des outils, des approches, des connaissances dès la plus petite enfance pour que tous, dans tous les milieux de la société, acquièrent l’aptitude au respect, à la collaboration, à l’ouverture et puissent gérer les situations difficiles en cas de besoin.

Dans une société intégrale, un tel acte aurait eu peu de chances de se perpétrer, même s’il n’est jamais possible de tout éviter. Car une société intégrale aurait offert à ces jeunes hommes depuis leur naissance une vraie place en son sein, un futur, un environnement accueillant et enrichissant et les moyens de se réaliser. Ils n’auraient éprouvé aucun besoin de prouver par un acte fou qu’ils sont des héros ; ils ne se seraient pas trompés de valeurs.

 

Un commentaire à propos de “Plus de conscience

  1. La religion n’a rien à faire dans une société intégrale. On tue et on juge depuis toujours et encore pour des croyances inculquées au détriment de notre vraie nature qui est celle de parties infimes de l’intégralité de l’univers.