PI EST – encore toujours… CE QU’ELLE EST

Regenbogen 2014-06-29
Une réflexion sur la rencontre du Champ pour la Transformation des 23-24 août 2014

Remarque préliminaire : ce texte représente mon propre point de vue et ne correspond certainement pas à l’avis de tout le groupe d’organisation du Champ pour la Transformation ni à celui ses membres individuels, même si cela peut être le cas par certains aspects. C’est pourquoi je cite (avec une exception) uniquement mes propres réflexions nées des rencontres précédentes, dont les documents avaient été mis à disposition directement ou indirectement des participants de ces réunions, à une exception près. Ce blog est également un complément au point de vue de Urban Waltenspül, compte-rendu du Champ pour la Transformation des 23-24 août 2014.

Somewhere over the rainbow, way up high

There’s a land that I heard of once in a lullaby

Somewhere over the rainbow, skies are blue

And the dreams that you dare to dream really do come true

Over the Rainbow, musique du film « Le Magicien d’Oz »

L’image d’un arc-en-ciel est arrivée « par hasard » sur le flyer de la quatrième rencontre du Champ pour la Transformation… et me vint en mémoire ce chant qui tout-à-coup avait rempli l’espace lors de la rencontre du Groupe Noyau de l’époque, le 11 novembre 2012. Et c’est cela, ce qui est né lors de la rencontre du Champ pour la Transformation des 23-24 août 2014 que j’amène ici, en regard de l’évolution des deux dernières années écoulées depuis septembre 2012, lorsque le Groupe Noyau cherchait la suite de son chemin sur le Schweibenalp sans y trouver de réponse. Depuis lors, j’ai fait partie du groupe d’organisation de toutes les rencontres qui impliquèrent le Groupe Noyau le 11.11.2012 et par la suite le Champ pour la Transformation.

Le titre de la rencontre d’août 2014, « PI EST CE QU’ELLE EST », comporte également une évaluation de la situation : où se situe maintenant PI par rapport aux compréhensions de parti, mouvement, politique et spiritualité. Et j’aimerais élargir encore cette question : où nous situons-nous sur le chemin vers ce lieu, à l’autre bout de l’arc-en-ciel, où les rêves que nous osons rêver deviennent réalité ?

Regardons le développement des deux dernières années sur la base des documents.

Dans le document « Groupe Noyau, comment continuer ? Observations concernant la rencontre du 15-16.9.12 au Schweibenalp » du 1.10.2012, j’ai écrit :

Ce que la chenille appelle fin du monde, le reste du monde l’appelle papillon.

Lao-Tseu

J’ai évoqué la citation ci-dessus parce que je souhaite un peu plus de « conscience de papillon ». Le papillon naît d’une métamorphose de la chenille. C’est le processus organique, naturel, dans lequel la chenille doit se laisser aller en toute confiance, pour pouvoir devenir papillon. Depuis la « conscience de chenille », la beauté du papillon n’est même pas imaginable. La chenille est liée à son mode de vie rampant sur terre, elle n’a aucune idée de la liberté de voler, de la chaleur des rayons de soleil et des couleurs des fleurs qu’elle va rencontrer en tant que papillon. Mais lorsque la chenille se transforme en chrysalide, se retire dans une carapace protectrice jusqu’à ce qu’elle soit capable de voler en tant que papillon, alors le miracle de la transformation peut se faire.

La question centrale que je me pose est celle-ci : comment PI peut-elle amener la transformation dans le monde, si elle n’arrive même pas à se transformer elle-même ?

Si je reviens maintenant à la rencontre du Champ pour la Transformation des 23-24.8.2014, je ne peux encore reconnaître que trop peu de la « conscience de papillon » que je m’étais tant souhaité. J’ai dû finalement bien vite me rendre à la réalité en constatant à quelle vitesse nous sommes retombés dans nos anciennes habitudes de discussion, en opposant « parti » à « mouvement » comme des contraires. « Aussi bien … que » était encore mentionné, mais des options comme « ni-ni » ou « quelque chose de tout autre, et si oui, quoi ? » n’ont eu aucune chance, même d’être simplement pris en considération. Et voilà justement cette question centrale pour PI. Car la transformation qui est nécessaire est d’abord la transformation d’une culture – aller de la culture de la peur vers la culture de l’amour. Aussi longtemps que la peur d’une « perte d’identité » pour PI émergera, aucun développement réellement transformateur ne pourra s’effectuer.

Nous avions déjà abordé le même thème plus tôt. Dans « Bienvenue au Champ pour la Transformation, Observations concernant la rencontre du 11.11.2012 à Berne » du 20.11.2012, je l’avais formulé ainsi :

« Il y a un fleuve qui coule maintenant très vite. Il est si puissant et rapide, que certains auront peur. Ils vont essayer de se retenir aux rives et vont se sentir déchirés. [...] Les Anciens disent que nous devons lâcher la berge et nous laisser aller au milieu du courant, en gardant les yeux ouverts et nos têtes au-dessus de l’eau »
Tiré du message des Anciens Hopi

Se poser des questions soi-même

Pi doit continuellement se remettre en question, en particulier en ce qui concerne ses structures, sans perdre de vue ses valeurs. C’est inconfortable, cependant une transformation dans la société ne peut pas se faire autrement.

[…] Nous savons tous au fond de nous-mêmes que la société doit être profondément transformée si nous voulons que les générations futures aient un futur digne d’être vécu. Nous ne savons cependant pas ce que cela signifie concrètement dans tous les aspects. Nous pouvons uniquement mettre en œuvre des pats concrets dans la direction souhaitée à partir de la vision.

Nous pouvions aisément percevoir à l’époque que la dissolution du Groupe Noyau et le manque de clarté dans la définition du Champ pour la Transformation provoquait certaines peurs, comme où le voyage de PI pouvait nous conduire, même si le contenu des fondements de PI n’a jamais été remis en question. Pourtant la PI 2.0 dont il fut question devait devenir une nouvelle version de PI, qui inclurait le développement depuis le parachèvement des fondements et irait au-delà, développant une nouvelle culture.

Dans le compte rendu « PI 2.0 – donner une forme à la transformation, concernant la rencontre du Champ pour la transformation des 9-10 février 2013 au Landguet Ried, Niederwangen », écrit par Annette Ruef et moi-même, nous décrivions cette nouvelle culture émergeante comme une spécificité fondamentale du Champ. Notre bilan d’alors :

Ce qui est né

Quel est finalement le « résultat » de ces deux jours ? Un signe extérieur de la transformation vers un processus d’intelligence collective est visible dans le fait que nous n’avons pas eu besoin des résultats exposés sur les pages de flipcharts ni d’écrire des procès-verbaux. L’essentiel se passa dans des moments où les cœurs des participants étaient profondément touchés. Nous avons fait l’expérience libératrice (aussi banal que cela puisse résonner) que chaque personne sait depuis son intérieur vers l’extérieur, qu’est-ce qui allume sa flamme et quel prochain pas elle peut faire pour suivre son impulsion. Sans la pression de devoir atteindre quelque chose ou de devoir me conformer à une démarche commune, je sens de l’espace libre pour déployer ma créativité et de bâtir ma responsabilité dans la joie, ce qui signifie : faire ce qui est maintenant dans ma vie et qui est ma contribution pour continuer de servir le développement de PI.

Cette qualité fut à nouveau perceptible dans le Champ pour la Transformation. Quand Urban écrit dans son compte-rendu : « Je sens qu’une certaine qualité et une certaine force voient le jour dans le champ pour la transformation, comme cela s’était produit à l’époque au sein du Groupe Noyau. La FORCE commence à se manifester lentement. », nous pouvons le prendre comme un grand compliment pour tous les participants et à mon avis comme quelque chose qui doit absolument être honoré. La créativité qui s’est manifestée pendant ce week-end dépasse toute imagination et est à peine compréhensible par ceux et celles qui n’ont pas vécu ce processus.

Mais ce n’est qu’une face de la médaille. L’autre étant que la qualité « voluptueuse » peut mener à se sentir heureux de ce qui a été réalisé, de s’installer confortablement dans la zone de confort, de ce qui est connu. Mais alors, plus aucune transformation ne peut s’opérer – le Champ pour la Transformation ne sert alors plus d’encouragement et d’accompagnement au développement des participants, de PI et de la société en direction de la vision intégrale, ce qui est son objectif principal.

Nous ne sommes qu’au tout début du chemin vers ce but. Et ce chemin n’est pas rectiligne, nous allons toujours à nouveau le constater. C’est alors que nous devrons nous souvenir du but – notre vision d’un mode de vie futur – et adapter la direction.

A ce sujet, j’ai écrit en octobre 2013 dans « Le Champ pour la Transformation et l’avenir de PI; réflexions concernant la rencontre du Champ pour la Transformation des 31.8.-1.9.2013 » :

Ce qui est actuel

La première clé se trouve auprès des gens

[…] je vois le chemin par une efficacité accrue de PI par l’encouragement et le renforcement d’aptitudes et de capacités des participants, qui vont les amener à aller dans l’action politique au sens large du terme, donc des activités qui agissent de manière transformative dans la société. […] Font partie de ces aptitudes et capacités à développer :

  • l’autonomisation
  • la confiance en soi
  • la confiance en un Soi guidant
  • Le courage pour le risque
  • Etre disposé à aller à la rencontre de ses propres limites et ainsi à libérer des systèmes de croyance limitants
  • Etre disposé à œuvrer dans une communauté vers un but commun
  • Etre prêt à supporter les conflits et à y rechercher des solutions
  • Résilience (« Debout bonhomme »)

La deuxième clé est la culture de PI

Les gens sont les graines, PI doit être le sol sur lequel la nouveauté sera cultivée. Cultiver signifie : nous, chacun/e de nous, créons les conditions pour que la nouveauté puisse naître et en même temps, nous laissons la croissance se réaliser.

La culture est également caractérisée par :

  • une orientation vers des valeurs
  • une attitude de service (orientation vers un grand Tout qui dépasse notre individualité)

Tout cela est encore valable et se développe plus en avant, en ayant besoin de nourriture et de soin – et en plus, surtout le courage d’oser l’inconnu, de délaisser la zone de confort, d’abandonner l’ancien, l’habituel lorsqu’il n’est plus adéquat. Je souhaite que nous nous focalisions encore plus dans le Champ sur ce qui est possible et pas uniquement sur ce qui est. Je souhaite que nous apprenions toujours plus à penser l’impensable, à ce qui nous paraît tellement impossible – comme la quadrature du cercle avec le compas. Cela ne peut se passer que si nous allons dans la confiance et dans la culture de l’amour. Car :

C’est impossible, dit l’expérience. C’est ce que c’est, dit l’amour. (Erich Fried)

Et je conclus avec une invitation à tous, qu’ils aient participé au Champ ou non, à déposer leur propre point de vue par des commentaires.

Pierre Günzburger, 7.9.2014

8 commentaires à propos de “PI EST – encore toujours… CE QU’ELLE EST

  1. Chers Pierre, Urban, Garry, Freddy, Chère Régina,
    Que vos réflexions et vos commentaires me font plaisir! Ils ouvrent de plus en plus le Champs de la Transformation…
    Je suis convaincue que chaque pensée crée, et plus nous le savons et l’affirmons plus cette création se manifeste rapidement dans la matière.

    Nous avons tous entendus parler de l’effet “Papillon”que les scientifiques ont décrits et étudié lorsque les singes ont commencé à peler leur banane et ceci s’et répendu en de temps tout autour de la planète alors qu’avant ils la mangeai avec sa pelure.

    Plus il y aura de personnes qui affirment choisir et agir en politique dans l’Intelligence du Coeur et plus ce concepte se répendra dans la société dans laquelle ces personnes vivent. De quelle manière cela se manifestera? Personne ne peut le prédire:

    - Il se peut que ce soit un président de commune qui ne veut plus servir une communauté qui le prive du plaisir de faire son travail alors qu’il aimait s’investir dans cette activité.

    - Ce peut être un jeune qui ne supporte plus les compromissions dans lesquelles il voit son parti s’embourber pour pouvoir gagner aux prochaines élections et qui choisit de partir se battre avec les extrémistes parce que là au moins il est sûre que ses idéaux ne seront pas trahis.

    - Pourquoi ne serait-ce pas une nouvelle découverte scientifique ou la création d’un groupe de méditant, ou encore la transformation d’une personne qui choisit de vivre son rêve et qui change sa vie pour le réaliser?

    Le Champ de la Transformation est permanent et actif à chaque instant, il suffit de s’affirmer dans son choix de servir l’Amour dans le respect de chacun dans la conscience que nous sommes tous reliés les uns aux autres et que nos pensées, nos intentions créent à chaque instant ce qu’elles diffusent.

    Peut-être que la mission de PI est celle-là et que la concrétisation de son action passe par un temps de gestation et d’affirmation individuelle qui tout à coup fera émerger la Politique Intégrale au grand jour. Ce n’est pas très confortable pour l’égo mais quel émerveillement quand l’Homme se tiendra debout dans l’AMOUR et agira avec “l’Intelligence du Coeur”.

    Je vous embrasse et vous porte dans mon coeur en admiration de votre engagement.
    Rose-Mary

  2. Zuerst: Ich freue mich über die Beiträge – herzlichen Dank allen KommentatorInnen für euer Mitwirken. Denn wir kommen so in einen aus meiner Sicht essentiellen Diskurs zur Zukunft der IP. Deshalb ein paar ergänzende Überlegungen dazu:

    Die Frage, ob und welche Statuten eine IP der Zukunft braucht, ist für mich in dem Sinne sekundär, das nach dem Leitsatz „Form follows function“, zuerst Einigung darüber bestehen muss, was die IP sein soll. Und das haben wir momentan im Kernziel, das in den aktuellen Statuten steht, formuliert. Der Satz “Integrale Politik ist Bewusstheitsförderung”, kann als Kurzform des Kernziels betrachtet werden.

    Dein Anliegen, Fredy, die Politik oder die PolitikerInnen integral zu machen bzw. deine Frage und Antwort darauf: „Ist es überhaupt möglich, innerhalb der herrschenden politischen Strukturen integrale Politik zu machen? – Je länger ich mich mit der Frage befasse, je klarer komme ich in dieser Frage zu einem Nein.“ treffen genau diesen Punkt. Und weiter schreibst du: „Es kann nicht darum gehen, integrale Politik zu machen – es geht darum, die Politik integral zu machen“. Doch was heisst das? Genügen dafür bessere Entscheidungsprozesse? Oder entstehen bessere Entscheide, wie auch immer sie getroffen werden, vielmehr als Folge eines neuen Bewusstseins, das u.a. die Abkehr von der Wachstumsgesellschaft, die Einsicht in die Zusammenhänge der Grundlagen allen Lebens auf der Erde oder die Bereitschaft zu friedlichen Konfliktlösung umfasst? Ich glaube ja, denn das ist für mich gleichbedeutend wie “Integrale Politik ist Bewusstheitsförderung.”

    Sollten wir daraus zum Schluss kommen, dass die bisherige Vereinsstruktur im Hinblick auf das Kernziel ungeeignet ist, dann wäre der nächste Schritt die Suche nach der Lösung dafür. Ich bin mit euch, Gary und Fredy, einverstanden, dass eine derartige Statutenrevision eine grosse Herausforderung wäre, nicht nur für den Vorstand, der sie der Mitgliederversammlung vorlegen müsste, sondern für die IP als ganzes, also alle ihre Mitglieder. Und das hat nicht allein mit den Entscheidungsprozessen zu tun – dem Ersatz für die Diktatur der Mehrheit, wie du, Fredy, es nennst – für die eine neue Form gefunden werden müsste und über die entschieden werden müsste: das ist fast so etwas wie ein Huhn-Ei-Problem innerhalb der geltenden Regelungen. Ob da nicht der Abschied von der Vereinsstruktur der einfachere Weg wäre? Wir müssen uns allerdings im Klaren sein, dass damit nicht alle Fragen der Organisation aus der Welt geschaffen sind, sondern vielmehr erst anfangen – die nächste Herausforderung.

    Zum Thema Integrales Bewusstsein und den Gefahren, die mit der Handhabung der zugehörigen Sprache und Haltung gegenüber Menschen ausserhalb der integralen Szene einhergehen (von Regina und Fredy angesprochen), gibt es eine herausragende Betrachtung. Susanne Cook-Greuter sprach dazu an der IF-Tagung in Berlin am 15.6.2012 unter dem Titel: “Annahmen oder Überzeugungen? – Eine Perspektive auf die heilsbringerischen Aspekte der Integralen Bewegung” (Link dazu unten am Text angefügt.) Ich finde die Gedanken, die sie darin „als eine der Ältesten in dieser Bewegung“(Zitat) darlegt, höchst beachtlich. Nur zwei Kernsätze daraus:

    „Ich lade uns alle in dieser Bewegung ein, offen zu bleiben und unsere Motivationen, Bedürfnisse und Vorlieben zu hinterfragen, und dann aufzupassen, wenn wir uns zu einer Interpretation der Realität hingezogen fühlen, weil wir uns durch sie sicherer, ganz und wichtiger fühlen.“

    „Können wir uns erlauben zu prüfen, wie sehr wir wohl an dem integralen Ideal hängen, wegen seines Wohlfühl-, Ego-Boosting- Angebots der bewussten kollektiven Ermächtigung und seiner evangelikanischen Heilsversprechung einer neuen Ordnung, die uns von unserer menschlichen Torheit erlöst? Können wir den integralen Traum leidenschaftlich unterstützen und daran teilhaben und dabei die suchende Haltung bewahren?“

    Diese Einladung zur Offenheit und suchenden Haltung, die aus solchen Worten hervorgeht ist die Haltung des Nicht-Wissens, mit der wir im Feld schon gearbeitet haben und die noch vermehrt erfahren werden muss, wenn wir eine neue Kultur entwickeln wollen anstatt uns an überholten Strukturen festzuhalten und/oder diese durch integrale Theorien als neues Glaubenssystem zu ersetzen. Die von Regina angesprochenen Authentizität, welche aus meiner Sicht aus den im Blog genannten Schlüsseln der individuellen und kollektiven Entwicklung entsteht, ist ein Weg aus dieser Falle.

    Link zu “Annahmen oder Überzeugungen? – Eine Perspektive auf die heilsbringerischen Aspekte der Integralen Bewegung” von Susanne Cook-Greuter:
    http://www.google.ch/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CB8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fintegralesleben.org%2Ffileadmin%2Fuser_upload%2FTAGUNGEN%2F2012_Berlin%2FBeitraege_2012%2FS.Cook-Greuter_IFBerlin2012.pdf&ei=rYYZVIKqM83kaIPYgLAO&usg=AFQjCNGWxU4dabD67aOVi6qkBwJCKEPxuw&bvm=bv.75558745,d.d2s

  3. Lieber Pierre, lieber Fredy, lieber Gary
    Die Berichte über eure Erfahrungen und Gedanken zur Arbeit im Feld für Transformation und in der IP und ihrer Identitätsfindung haben mich berührt, habt Dank dafür.
    Berührt, weil ich vor einem Monat meinen Austritt aus der IP in der IP Bern ankündigte aus Gründen, von denen in euren Texten zum Teil die Rede ist.
    Es dünkt mich, ich wurde in der IP x-mal gefragt, warum, wo, wie, was
    1. mich motiviert in der IP zu sein
    2. Integrale Politik sei
    3. Integrale Politik tut
    4. Integrale Politik ist –
    und es ist mir, als hätte ich eben so viele Antworten gegeben, nur hatte ich nicht das Gefühl, diese seien irgendwie angekommen und hilfreich gewesen. Als hätte ich etwas anderes jeweils sagen müssen.
    Bsp: In der Arbeitsgruppe Statuten für die IP Bern stand ich damals ein, für genau diese schlanke, von Fredy in seinem Bericht formulierte Version. Weil ! wir einerseits der bestehenden Rechtsordnung genügen müssen, und andererseits doch die Politik integral machen wollen, was in diesem Zusammenhang heisst, selber herausfinden welche Struktur uns dient. – Was nun Gary heute als konstruktiv kommentiert, wurde damals als absolut unverständliche Träumerei abgetan… Wir verbrauchten danach ein Jahr und einen Co-Präsidenten, um darauf zurück zu kommen und andere Formen zu finden.
    Im Feld für Transformation im Februar 14 so schreibt Pierre, seien die weisen brennenden Herzen der Mitwirkenden der berührende Beweis für unser integrales Unterwegssein im Feld. Wir wurden damals dazu befragt, was anziehende Politik sei und ich habe dazu gearbeitet und herausgeschaffen: Authentizität und Legitimierung. Beides kann Entwicklung in den Mitmenschen bewirken weil ! beides dem sich Entwickelnden Freiheit garantiert. Während dem authentischen Sein ist die Aufmerksamkeit auf sich selbst gerichtet und dabei gibt es kein Ziel damit ein Du zu erreichen, geschweige denn etwas Konkretes bewirken zu wollen in ihm. Während bei der Legitimierung die Aufmerksamkeit auf das Du gerichtet ist und dort konsolidiert was an Fähigkeiten schon ausgebildet ist. Dies bewirkt eine Festigung im betreffenden Mitmensch und ermöglicht ihm so, seinen Boden zu vergrössern um eventuell einen neuen Entwicklungsschritt darauf zu tun.
    Damit erschien mir, ich hätte integrale Politik, Politik der Anziehung und ihr Vorgehen klar und einfach erfasst.
    1. Wir kümmern uns um unsere Authentizität (auch wenn das ein Basismitwirkender in der IP Bern als “Modewort” kaum mehr hören kann).
    2. Wir schauen uns in unserer Welt um und verströmen Anerkennung für alle entwickelten gesunden Fähigkeiten, Stufen, …, …, was das Zeug hält.
    Fertig! Alles andere kommt bei (sensiblen) Menschen nicht gut an, weil niemand gestossen und gedrängt werden will und werden soll und werden kann in seiner Entwicklung und weil wir nicht wissen können was entsteht wenn sich die Menschen entwickeln, weil wir ja nicht die sind, die wissen was für die anderen gut ist und wir die Zukunft nicht kennen sondern eventuell ahnen.
    Damals schrieb ich davon in meinem Feedback-Schreiben an die Vorbereitungsgruppe des Feldes, ohne je ein inhaltliches Echo dazu zu vernehmen.
    Meine grösste IP-Verwirrung betrifft das Verhältnis von der IP-Schweiz (Vorstand), dem Feld und den Basis-Gruppen (IP-Bern). Die Gedanken und Zielwünsche, die Meinungen und das Vorgehen, die Kenntnisse und Interessen betreffend integrales Bewusstsein klaffen meines Erachtens enorm weit auseinander. So weit, dass es mich schier auseinander riss und meine Kraft nicht ausreichte, mit allen Aktiven in diesen genannten Gruppen im Kontakt zu sein und mich mit ihnen auszutauschen und zu beraten und in EINEN Strom zu kommen.
    Zum Mut, Erkenntnisse anzuwenden, also Schmetterling zu sein, kann ich hin weisen auf den Gesundheitsbericht von Ken Wilber. Wir haben die Wahl, die Perspektive einzunehmen die uns beflügelt und die Liebe verströmt oder aber am Alten festhalten mit dem nicht einsichtigen Kommentar, sonst würden wir nicht verstanden. Herzen verstehen anders, das kann der Kopf noch lernen. So kann es geschehen, dass ein Patient in der Intensivstation derart beflügelt ist, dass alle, inklusive Personal, in einer wundersamen Stimmung sind!
    Ich bitte Euch inständig, mir mein direktes spontanes Schreiben und meinen unbearbeiteten Kommentar nachzusehen. Ich spürte vorhin bei der Lektüre eurer Berichte doch tatsächlich einen, mittlerweile unerwarteten, Hauch von Gemeinsamkeit mit Menschen aus der IP. Und das hat mich ermutigt diese Antwort euch zu schicken.
    Gute Wünsche Euch allen
    Regina Bögli

    • Liebe Regina
      Ich kann das, was Du mit “schier auseinanderreissen” umschreibst, gut nachvollziehen. Es geht mir selbst ganz oft so. Das gute daran ist, dass diese Spannungen (mindestens bei mir) oft Lernschritte auslösen.
      “Die Meinungen und das Vorgehen, die Kenntnisse und Interessen betreffend integrales Bewusstsein klaffen meines Erachtens enorm weit auseinander”, schreibst Du weiter. Auch diese Feststellung deckt sich mit meiner Wahrnehmung. Sie ist aber gleichzeitig auch heikel: Sie impliziert, dass innerhalb der IP (noch) nicht alle Menschen auf der gleichen Bewusstheitsstufe sind. Und da kommen dann bei mir sofort Bedenken: Darf ich dafür halten, dass ich mich auf einer höheren Bewusstheitsstufe befinde als Andere, oder ist das anmassend? Bzw.: Bin ich wirklich auf einer höheren Bewusstheitsstufe, wenn ich offenbar nicht in der Lage bin, so zu agieren, dass mich alle verstehen?
      Sicher scheint mir eines: Solange wir innerhalb der IP kein einheitliches Bild davon haben, was integral ist und bedeutet und solange wir innerhalb der IP den integralen Weg nicht mit traumwandlerischer Sicherheit zu gehen im Stande sind, solange macht es keinen Sinn, damit gegen aussen zu treten. Da kommt nämlich dann die von Dir postulierte Authenzität in Spiel. Und die Tatsache, dass wir als IP von einem Umfeld, das mit integralem Denken und Handeln nicht vertraut ist, gar nicht verstanden werden.
      Das bestärkt mich in der Annahme, dass der Satz, den ich von Pierre Günzburger zum ersten Mal gehört habe, unumstössliche Gültigkeit hat: “Intgerale Politik ist Bewusstheitsförderung.”
      Damit schliesst sich der Kreis: Es kann nicht darum gehen, “integrale Politik” zu machen – wir müssen alles daran setzen, die Politik(erInnen) integral zu machen! Wie wir diese riesengrosse Aufgabe am effizientestan angehen, muss das Ziel unserer strategischen Überlegungen sein. Nach meiner Auffassung kann dies nur geschehen durch authentische Beispielgebung und durch Bewusstheitsförderung bei den AkteurInnen der Politik. Und ich glaube, dass es nicht gelingen kann, wenn wir versuchen, uns als Teil eines nicht integralen Systems zu etablieren – beispielsweise als Partei.

      • Heihei lieber Fredy
        danke sehr für Deine Mitteilung auf meine Worte. Bevor ich jetzt drei Wochen lang schweige, weil ich kurz vor der Abreise ins Ausland stehe, will ich gerne zwei Sachen sagen:
        1.In der IP Bern wurde immer bekräftigt, dass integrale Politik Bewusstheitsentwicklung bedeuten soll.
        2. Mit Interesse und Kenntnis betreffend integrales Bewusstsein meinte ich das einfach wörtlich. Über unsere unterschiedlichen integralen Fussabdrücke urteile ich nicht. Es wäre für mich einfach hilfreich gewesen, z.Bsp. über Stufen und deren Spezifität und Schatten zu reden im Bezug auf realpolitische Geschehnisse. Doch dazu bräuchte es eben ein gemeinsames Vokabular und auch ein Interesse daran.
        Soviel wollte ich als Klärung noch nachreichen.
        Viel Schönes Dir und den LeserInnen

  4. Den Vorschlag von Fredy, die IP-Statuten auf das Minimalmögliche zu reduzieren, finde ich im höchsten Mass konstruktiv. Es wäre die Herausforderung aufzuzeigen, wie eine integrale Organisation sich strukturiert und wie sie Entscheidungen fällt. Demokratische Mehrheitsbeschlüsse sind sicher nicht der Weisheit letzter Schluss. Im Vorstand der IP Schweiz haben wir ja mit dem vorläufigen Entscheid, die Führung der IP der IP als lebendigen Prozess zu übergeben, einen guten Anfang gemacht (Holakratie). Auch wenn die Transformation von einer orange-grünen Führung zu einer gelb-türkisenen nicht ganz einfach ist: Wie soll die IP die Politik integraler machen, wenn sie sich nicht selbst integralisiert?

  5. Lieber Pierre
    Als Teilnehmer am „Feld der Transformation“ nehme ich die Einladung im letzten Satz Deines ausgezeichneten Textes gerne an.
    Du schreibst: Es war für mich am Schluss ernüchternd festzustellen, wie schnell wir in die alten Muster der Diskussion zurückfielen, in der „Partei“ und „Bewegung“ als Gegensätze aufeinanderprallten. „Sowohl-als-auch“ wurde zwar noch genannt, doch Optionen wie „weder-noch“ oder „etwas ganz anderes und falls ja, was?“ hatten keine Chance, auch nur in Betracht gezogen zu werden. Und genau da setzt die oben erwähnte zentrale Frage für die IP an. Denn die Transformation, die es braucht, ist aus meiner Sicht zuerst eine Transformation der Kultur – von der Kultur der Angst hin zur Kultur der Liebe. Solange noch die Angst vor einem „Identitätsverlust“ für die IP vorherrscht, kann es keine echten transformativen Entwicklungen geben.
    Diese Einschätzung teile ich voll und ganz. Bei mir tauchte aber noch eine andere, ganz entscheidende Frage auf, die mich seither sehr stark bewegt: Ist es überhaupt möglich, innerhalb der herrschenden politischen Strukturen integrale Politik zu machen? – Je länger ich mich mit der Frage befasse, je klarer komme ich in dieser Frage zu einem Nein.
    Unsere politischen Strukturen gründen auf dem Mehrheitsprinzip oder, um es etwas härter auszudrücken, auf einer „Diktatur der Mehrheit“. Das mag das beste momentan praktizierte politische System sein – aber integral ist es nicht.
    Wo immer ich – auf Gemeinde-, Kantons- oder Bundesebene – zur Stimmabgabe aufgefordert werde, kann ich immer nur der einen Seite – entweder den Befürwortern oder den Gegnern einer Vorlage – zu 100 Prozent recht geben oder mich der Stimme enthalten. Und die Seite, welche eine Mehrheit erzielt (und seien es auch nur 50,1 Prozent) setzt sich vollständig durch, die 49,9 Prozent Unterliegenden bleiben vollkommen unberücksichtigt, auch wenn sie selten nur und ausschliesslich schlechtere Argumente auf ihrer Seite haben.
    Es geht also in der Politik nie darum, eine von allen Beteiligten akzeptierbare, beste Lösung zu finden – 50,1 Prozent Zustimmung genügen. PolitikerInnen und Parteien geht es denn auch kaum je um die Findung der „besten Lösung“. Sie formulieren ihren Standpunkt und loten dann aus, wie weit sie der Gegnerschaft entgegen kommen müssen, um mindestens 50,1 Prozent Zustimmung zu erreichen.
    Für mich war der zentrale Satz am Feldwochenende: „Es kann nicht darum gehen, integrale Politik zu machen – es geht darum, die Politik integral zu machen“.
    Das heisst im Klartext: Wir müssen in der politischen Entscheidung auf allen Ebenen eine Abkehr von der „Diktatur der Mehrheit“ erwirken und völlig neue (mir auch erst in der Form einer vagen Vision bekannte) Wege der Entscheidfindung implementieren. Also nichts weniger als eine „Transformation der Politik“ erreichen.
    Für mich ist daher die Erkenntnis aus dem Wochenende diese: Die Aufgabe der IP ist noch unendlich viel schwieriger, als ich es mir bisher vorgestellt habe. Jede Mitwirkung in den derzeit herrschenden Strukturen mit den derzeit üblichen Wegen der Entscheidfindung bedeutet eine Abkehr vom integralen Weg.
    Dies gilt natürlich erst recht für die IP selbst: Wir stehen vor der riesigen Herausforderung, Wege für die Entscheidfindung zu kreieren, die alle herrschenden Einschätzung einbeziehen (integrieren), statt „brutal“ nach dem Mehrheitsprinzip der einen oder anderen Seite recht zu geben. Damit kreieren wir ein Modell, wie integrale Politik funktioniert. Ich zitiere dazu Gandhi: „Sei Du selbst die Veränderung, die Du in der Welt sehen willst“.
    „Die IP ist, was sie ist!“ – Damit hast Du recht, lieber Pierre. Sie ist es in jedem Moment. Und es liegt in unserer Hand, diesem „Sein“ Gestalt zu geben – in jedem Moment neu. Sie ist weder eine Partei noch eine Bewegung und ein Verein auch nur deshalb, weil dies wohl in der herrschenden juristischen Ausgangslage die einzige Möglichkeit ist, ihr eine Körperschaft zu verleihen.

    Mit Bezug auf die immer noch offene Statutenfrage müsste dies eigentlich heissen, dass wir uns in unseren Statuten auf das beschränken, was das Vereinsgesetz absolut zwingend vorschreibt.
    Die Statuten könnten dann in etwa so aussehen:
    Artikel 1: unter dem Namen „Integrale Politik Schweiz“ besteht ein Verein nach Art. 560 ff. ZGB.
    Artikel 2: Die Organe des Vereins sind die Mitgliederversammlung, der Vorstand und die Rechnungsrevisoren
    Artikel 3: Für die Verbindlichkeiten des Vereins haftet ausschliesslich das Vereinsvermögen.
    Artikel 4: Die Auflösung des Vereins kommt dann zu Stande, wenn sie von der Mitgliederversammlung beschlossen wird.

    Alles andere bleibt offen, damit die IP in jedem Moment die Möglichkeit hat, zu sein, was sie ist.

    Wenn es uns gelungen ist, in der IP eine integrale Entscheidungskultur auf allen Ebenen und in jeder Frage zu entwickeln, können wir beginnen, dieses Modell als „Integrale Politik“ in die Welt zu tragen. Dass wir diese Kultur noch nicht entdeckt haben, ist für mich der Grund, weshalb wir – wie Du, lieber Pierre, zu Recht festgestellt hast – „in die alten Muster der Diskussion zurückfielen“.
    Und ich habe es dannzumal ganz körperlich gespürt, wie die ganze wunderschöne Energie, die Kreativität der Gruppe und irgendwie alles, was wir an dem Wochenende an Erkenntnis, an gegenseitigem Verstehen und an Konsens erreicht hatten, in dem Moment in sich zusammenfiel, als wir uns mit der „Schlussabstimmung“ wieder auf die nicht-integrale Ebene der „Mehrheitsfeststellung“ begaben – auch wenn diese nur als „konsultativ“ deklariert war.

    • garyzemp schrieb am Samstag, der 13. September 2014 um 17:28 Uhr:
      Den Vorschlag von Fredy, die IP-Statuten auf das Minimalmögliche zu reduzieren, finde ich im höchsten Mass konstruktiv. Es wäre die Herausforderung aufzuzeigen, wie eine integrale Organisation sich strukturiert und wie sie Entscheidungen fällt. Demokratische Mehrheitsbeschlüsse sind sicher nicht der Weisheit letzter Schluss. Im Vorstand der IP Schweiz haben wir ja mit dem vorläufigen Entscheid, die Führung der IP der IP als lebendigen Prozess zu übergeben, einen guten Anfang gemacht (Holakratie). Auch wenn die Transformation von einer orange-grünen Führung zu einer gelb-türkisenen nicht ganz einfach ist: Wie soll die IP die Politik integraler machen, wenn sie sich nicht selbst integralisiert?